BEURSSCHOUWBURG INTERROGE LA VILLE EN MOUVEMENT.
Bruxelles célèbre les 50 ans du métro, les 100 ans du chemin de fer et les 100 ans du bus. Mais que devient une ville en perpétuel mouvement ? Qui bénéficie d’une nouvelle liaison, qui voit surgir un chantier devant sa porte, qui doit céder sa place et qui peut rester ?
Cet automne, Bruxelles est placée sous le signe de la mobilité : 50 ans de métro, 100 ans de chemin de fer, 100 ans de bus, la Semaine de la mobilité, le Dimanche sans voiture. Autant d’occasions de s’interroger sur nos façons de circuler dans la ville, sur la place accordée à la voiture et sur le partage de l’espace public.
Mais peut-être faut-il poser la question autrement.
Que signifie réellement pouvoir se déplacer dans une ville ? Et qui décide qui peut aller où, à quel rythme et à quelles conditions ?
Au Beursschouwburg, cette question prend une dimension très concrète. Bientôt, nous quitterons temporairement notre bâtiment. Nous déménageons d’un lieu à un autre. Un déplacement à petite échelle qui nous amène à regarder les nombreux mouvements qui façonnent une ville.
Les personnes circulent dans les rues et les quartiers, franchissent les frontières et évoluent entre différents milieux sociaux. Les idées et les récits voyagent. On arrive, on part, on cherche un lieu où vivre ou on le perd. Les artistes passent d’une langue à l’autre, d’une ville à l’autre, d’une forme ou d’une discipline à l’autre. Certain·e·s peuvent s’installer facilement dans un nouvel environnement. D’autres attendent pendant des années des papiers, un logement, une autorisation ou simplement la possibilité de continuer leur chemin.
Une ligne de métro ou de chemin de fer ne relie pas seulement des lieux. Elle transforme aussi les espaces qu’elle traverse. Une nouvelle liaison peut désenclaver un quartier, mais aussi le bouleverser. Un chantier qui provoque aujourd’hui des nuisances est présenté comme un investissement pour demain. Une autoroute facilite les déplacements, tout en déterminant l’espace qui reste disponible pour habiter, jouer ou se rencontrer.
La mobilité ne se résume donc pas à aller d’un point A à un point B. Elle est aussi une question de pouvoir, d’espace et de temps. De celles et ceux qui peuvent avancer, de celles et ceux qui doivent attendre et de celles et ceux qui doivent s’adapter.

Cet automne, nous ne regarderons donc pas seulement les déplacements, mais aussi les traces qu’ils laissent derrière eux.
Dans QUI A TUÉ NOTRE QUARTIER ?, DÉRIVE nous emmène à Stalingrad-Lemonnier, un quartier profondément transformé depuis plusieurs années par la construction du métro 3. Le chantier du siècle promet une meilleure connexion pour Bruxelles. Mais que devient le quartier pour les habitant·es, les commerces et les lieux qui doivent céder leur place ?
Avec MISANTHROPOZINE, le regard se porte sur une autre infrastructure qui a façonné Bruxelles pendant des décennies : la voiture. Pieterjan Ginckels nous entraîne dans les parkings de la capitale. Des espaces avant tout conçus pour garer les voitures, mais qui racontent aussi beaucoup de la manière dont nous avons pensé et organisé la ville.
Dans MOVING ALONG (looped screening), nous revenons sur la manière dont la voiture a transformé notre société. Que se passe-t-il lorsque la mobilité devient le principe qui organise la ville ? Et qu’advient-il de celles et ceux qui se trouvent sur le chemin de ce mouvement ?
Dans What Will We Do Without Exile?, une tente de réfugié·es devient une installation immersive consacrée à la Palestine, au déplacement et à l’avenir. À travers un paysage sonore, des orangers et des oliviers ainsi qu’un journal venu du futur, l’installation imagine une Palestine au-delà de l’occupation. L’œuvre explore comment la résistance, la résilience et le lien à la terre et à la culture peuvent ouvrir un espace pour imaginer un autre avenir.
Dans I dream a highway, une création de danse contemporaine se place depuis le futur pour regarder l’année 2026. Le public est confronté aux traces que nos choix laisseront aux générations futures. La performance interroge la responsabilité, la causalité et ce que signifie endosser dès aujourd’hui le rôle d’ancêtre : que transmettons-nous et quel monde laissons-nous derrière nous ?
Le programme consacré au jeune cinéaste bruxellois KUMAIL SYED s’intéresse quant à lui à la manière dont les cinéastes peuvent filmer leur propre quartier. Les Marolles y apparaissent comme un quartier façonné par les arrivées, les départs et les installations successives. Syed présente son propre film aux côtés de Zone immigrée, un film dans lequel le Collectif Mohamed cherche à reprendre en main la représentation de son propre quartier. Les deux films posent finalement une question plus large : comment vivre en paix avec le quartier dans lequel nous habitons ?
Des lignes de métro aux parkings, des quartiers en transformation aux futurs que nous imaginons : cet automne, Beursschouwburg explore ce qui se met en mouvement lorsque personnes, idées et infrastructures se rencontrent. Car il ne s’agit pas seulement de savoir comment nous nous déplaçons dans la ville, mais aussi de savoir quelle place nous y occupons, quelles traces nous laissons et qui peut participer à façonner l’avenir.
Pour toute demande d’interview ou information complémentaire :
Pia Bonafede
Responsable presse
Beursschouwburg
+32 473 21 51 57
presse@beursschouwburg.be